Les moteurs diesel n’ont plus la cote

La baisse historique des ventes de voitures diesel en 2017 n’est pas près de s’arrêter, cette chute s’étant confirmée en 2018. Les moteurs diesel ne représentent que moins de la moitié du marché français de véhicules neufs. Cette tendance baissière se remarque également au niveau continental et pourrait s’accentuer au cours de l’année 2019.

La mévente du diésel en 2018

La mévente des véhicules neufs diesel a été constatée en 2017 avec une part de 47,3 % des ventes sur toute l’année. Selon le Comité des Constructeurs français d’Automobiles (CCFA), ce déclin s’est poursuivi en 2018. Déjà, la part de diesel sur le marché français des voitures neuves ne s’estimait qu’à 40,6 % au premier trimestre 2018.

L’amorce de la chute se situe bien au-delà de l’année 2017. Les motorisations au gazole occupaient 72, 4% du marché en 2011, une part qui s’affaissera à 64 % en 2014 pour ensuite décliner à 52% en 2016. Depuis, cet effondrement semble se poursuivre. Xavier Dupont, directeur des systèmes de propulsion chez Valeo affirme à ce sujet : « D’ici 2025, il y aura une vraie décroissance du diesel et en 2030, ils seront réservés aux utilitaires ».

Ce délai paraît réaliste, car les industriels ont déjà délaissé la recherche sur le diesel pour se focaliser sur l’essence et les technologies propres. « Nous ne sommes pas des diésélistes à vie », pouvait renchérir Carlos Tavares, président du directoire du groupe PSA.

Les raisons de la chute

Le nivellement des taxes sur les carburants est une raison de l’abandon du diesel, concernant en particulier les ventes de véhicules en Normandie. Le prix à la pompe de l’essence et du diesel étant le même, il n’y a plus de raison de privilégier le diesel avec ses inconvénients sur l’environnement. Les entreprises font de plus en plus le choix pour l’essence, car elles peuvent désormais récupérer la TVA sur ce carburant.

La promesse du maire de Paris d’interdire les véhicules diesel dans la capitale pour 2024 est également à la base de ce rejet, tout au moins en Île-de-France. Le contrôle s’accentuera davantage sur la carte grise qui s’obtient désormais par des démarches en ligne.

Une autre des raisons de cette dégringolade, et non la moindre, est le dieselgate, le scandaleux trucage des moteurs diesel qui a secoué le monde de l’automobile, notamment les constructeurs Allemands Volkswagen et Audi.

Une baisse au niveau continental

L’Association des Constructeurs Européens d’Automobiles a fait le constat que la chute du diesel s’est étendue dans toute l’Europe en 2018. La part des ventes des véhicules neufs diesel s’établissait seulement à 36,3%, contre 45,2% en 2017 sur le deuxième trimestre de l’année 2018. Le projet de restrictions de circulation des modèles consommant du gazole à travers l’Europe assombrit davantage l’avenir des moteurs diesel.

La montée de l’essence et des hybrides

Cette baisse profite particulièrement aux modèles essence, dont les ventes s’arrogeaient près de 57 % des parts de marché par rapport au second trimestre 2017. Les véhicules utilisant des énergies alternatives telles que le gaz et l’électricité tirent également avantage de ce désamour entre automobiliste et moteur diesel.

Les hybrides ont d’ailleurs fait une percée remarquable (+49,2%), suivies par les 100% électriques (+45,5%). La France se positionne bien parmi les pays où les ventes de voitures à énergies alternatives connaissent une forte croissance.